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Archives Décembre 2006

Chronique du Recteur Majeur


FAMILLE BERCEAU DE LA VIE

MAMAN MARGUERITE
LE MODELE

di Pascual Chávez Villanueva

La maman de Don Bosco, Marguerite Occhiena, peut être le modèle de toute maman… Son message est un message de fermeté, d’optimisme, d’espérance contre toute espérance.

Le premier souvenir de Don Bosco est la main de sa maman. Le petit Jean n’avait que deux ans et il ne voulait pas quitter la pièce où son père venait de mourir. C’est lui-même qui nous le dit : « Pauvre enfant, me dit ma mère, viens avec moi, tu n’as plus de père. Cela dit, elle éclata en pleurs, elle me prit par la main et m’entraîna ailleurs, tandis  que je pleurais parce qu’elle pleurait ». Marguerite, qui pourtant était déchirée par la douleur et par l’appréhension pour l’avenir, tendait une main douce et ferme : elle n’abandonnera jamais ses enfants. Tel est son premier et important message : « Nous pouvons être frappés, mais nous allons de l’avant et, quoi qu’il arrive, tu peux  compter sur moi ». Marguerite avait alors 29 ans, le petit Jean 2, Joseph 4, Antoine 14. Pour Antoine, Marguerite n’est que sa belle-mère. En plus, c’est un adolescent quelque peu fruste, bon travailleur, mais têtu et jaloux.

Marguerite est une maman très « moderne » : la responsabilité de la famille est sur ses épaules. Aujourd’hui le mot qui revient souvent à propos des mères est ainsi exprimé : « La maman est seule ! ». Aujourd’hui les mamans sont seules de différentes manières.  Parce qu’elle ont un double travail, à l’extérieur et à la maison, ou bien parce qu’elles sont séparées avec des enfants à charge, ou bien parce qu’elles sont abandonnées dans la tâche d’éducation des enfants. Mon mari ne s’intéresse pas à ces choses, disent-elles, presque pour justifier une distraction qui est en fait une faute grave. Maman Marguerite est avant tout présente. Son amour, total et effectif, fait de peu de paroles, de beaucoup d’actions, est un exemple continu, une donation absolue. Paysanne analphabète, elle est riche d’une sagesse infinie et d’un rare équilibre. Tout le monde est d’accord pour souligner son rôle déterminant dans la formation du petit Jean. Ses enseignements furent simples et grands. Par exemple :

Décision et courage : ce sont les ingrédients pour réussir. Personne ne vit jamais Don Bosco « découragé ». Et sa mère non plus. En famille tout le monde doit aider. Marguerite habitua très tôt  les enfants à travailler à la maison et  dans les champs. Jean dut s’ingénier pour se payer les études : il apprit à faire le tailleur, le menuisier, le garçon de bar, le coiffeur. A Valdocco aussi personne n’était « gâté ». Quand un enfant courait vers Maman Marguerite pour se faire coudre un bouton au veston, elle lui tendait fil et aiguille : « Pourquoi n’essaies-tu pas ? Il faut apprendre à faire un peu de tout ».

On doit dominer son tempérament.. Chaque enfant a un tempérament différent qu’il doit apprendre à contrôler. Avec la douceur et la patience Marguerite fit plier Antoine, porté  à l’âpreté.  Elle suivit avec attention l’évolution de son petit Jean. « Jean avait en lui ce sentiment d’assurance dans l’agir qui peut facilement se transformer en orgueil ; et Marguerite n’hésita pas à réprimer les petits caprices dès le début, quand il ne pouvait pas encore être capable de responsabilité morale », nous rappelle don  Lemoyne.

Litiges et incompréhensions entre frères, on ne les résout pas avec des semonces et des discussions. Maman Marguerite reconnut la part de raison d’Antoine, qui ne comprenait pas le désir d’étudier de Jean, et elle intervint efficacement. Même si, probablement, elle avait les larmes aux yeux pendant qu’elle préparait le petit balluchon de Jean qui allait faire le domestique loin de la maison.

Les enfants vont leur chemin : ils doivent y être accompagnés. Dès qu’elle se rendit compte de la vocation de son fils, elle lui dit clairement : « Écoute-moi bien, Jean. Je veux que tu réfléchisses bien et avec tranquillité. Dès que tu auras décidé, suis ta route sans regarder en face personne. Le plus important est que tu fasses la volonté du Seigneur. Le curé voudrait que je te fasse changer d’idée, parce que, dans l’avenir, je pourrais avoir besoin de toi. Mais moi je te dis : en ces choses ta mère n’a rien à voir. Dieu  avant tout ». Voilà ce qu’est « donner la vie »

Joie et sérénité : voilà le sel de la vie. Marguerite veillait, mais pas de manière soupçonneuse et pesante. Elle savait réprimander en souriant et prendre la vie avec un  brin d’humour. Quand elle quitta son petit paradis des Becchi pour suivre Don Bosco dans une périphérie triste et malfamée, elle chantait avec son fils : « Malheur au monde s’il nous entend, étrangers et sans argent ! »   

Parler, dialoguer, raconter : autant de moments importants pour la vie de famille. Et dans la petite maison des Becchi on avait aussi le temps de raconter les rêves.
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La conscience morale : voilà un guide fondamental. Dès leur enfance, les Bosco apprirent à distinguer le bien du mal, sans hypocrisie et sans ruses. Ils savaient exactement ce qu’ils devaient et ce qu’ils ne devaient pas faire. Sur son lit de mort Marguerite put dire à son fils : « J’ai la conscience tranquille, j’ai fait mon devoir en tout ce que j’ai pu ».

C’est en famille qu’on apprend Dieu : la prière, le catéchisme, le sens de la Providence, les sacrements, les œuvres de charité : tout cela Jean Bosco l’apprit sur les genoux de sa maman. C’est sur ces genoux qu’est né le Système Préventif.


Voilà le modèle pour toute la Famille Salésienne.

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