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Par Roméo Trottier, sdb

Interview JMJ Toronto 2002

Le P. Alain Léonard, salésien de Sherbrooke, accompagnait un petit groupe de jeunes aux JMJ de Toronto en juillet. À son retour, je lui ai demandé de partager avec nos visiteurs du site web salésien du Canada quelques impressions et réflexions. Les voici.
P. Roméo Trottier


R.T. Dans quelle attitude d’esprit êtes-vous allés à Toronto?

A.L. C’est tout d’abord un petit groupe de sept personnes qui s’est constitué pour partir de Sherbrooke. Des jeunes pouvant exercer une belle influence les uns sur les autres, étant unis par leur passage au Séminaire Salésien. Des jeunes choisis à cause de leur vécu dans diverses expériences pastorales, tels les groupes Bosco-Vie, Bosco Bicycle ou JMJ 2000 à Rome. Des jeunes charmés par le charisme de Don Bosco!
C’est dans une attitude d’ouverture et de confiance mutuelle que nous sommes partis pour Toronto avec le désir de nous laisser interpeller par le message de Jésus-Christ, peu importe la manière dont Dieu se servirait pour faire passer Ses grâces. Nous étions conscients aussi que nous allions vivre un événement unique, que c’était fait dans l’esprit d’un pèlerinage, et non seulement comme une excursion touristique.

R.T. Peux-tu me parler du climat qui régnait là-bas à Toronto?

A.L. Quand nous sommes arrivés à Toronto, nous nous sommes retrouvés au sein d’une foule de quelque 200,000 jeunes rassemblés à Exhibition Place pour l’eucharistie d’ouverture présidée par le Cardinal Ambrosic. C’est sur l’asphalte que notre prière s’est amorcée, chacun(e) de nous portant une intention personnelle avant de pouvoir communier. Communier aussi avec cette foule immense, respectueuse, silencieuse et désireuse d’entrer en contact avec le Rassembleur, Jésus-Christ présent dans l’eucharistie.
Il m’a semblé me retrouver dans ce même scénario tout au long des six jours des JMJ. Avec des milliers de jeunes privilégiés certes (pas des jeunes souffrants, démunis, abandonnés, pauvres ou marginaux), mais des jeunes capables d’exprimer leur reconnaissance et leur foi dans ce qu’ils vivaient de bon et de beau avec le Seigneur.

R.T. Quel fut l’apport de Jean-Paul II?

A.L. D’une certaine manière, Jean-Paul II nous a probablement parlé davantage en le regardant aller. Un bon vieux Pape qui malgré ses limites d’âge et de santé, demeure vigoureux, tenace, courageux et qui transmet aux jeunes le message de ne pas se laisser abattre par les épreuves de la vie, si difficiles soient-elles. Puis à travers ses discours, toujours le message central suivant: nous rapprocher de l’évangile de Jésus-Christ, dénoncer les attitudes ou les comportements contraires à ce même évangile, être créatif et inventif pour devenir « sel et lumière» ( c’était le thème des JMJ) , chacun dans son milieu. C’était émouvant d’entendre un jeune s’adresser à Jean-Paul II ainsi : « Cher Saint-Père, cher père, cher grand-père ! » Le Pape a eu de très belles paroles pour nous. Comme celles-ci : « Jeunes du Canada, d’Amérique et de toutes les parties du monde ! Regardant Jésus, vous pouvez apprendre ce que signifie être pauvre de cœur, humble et miséricordieux, ce que veut dire rechercher la justice, avoir un cœur pur, être un artisan de paix.« Ou encore : « N’oubliez pas : le Christ a besoin de vous pour réaliser son projet de salut ! Le Christ a besoin de votre jeunesse et de votre enthousiasme généreux pour faire résonner son annonce de joie dans le nouveau millénaire…Ayez confiance dans le Christ, parce que lui a confiance en vous. ». C’est très beau, n’est-ce pas, venant de ce « vieux pape » , comme il s’est qualifié lui-même ?

R.T. Quel était le but des catéchèses dans les différents centres?

A.L. Réunis par groupes linguistiques, des évêques de partout à travers le monde sont intervenus pour approfondir le thème de la JMJ : « Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde ». Trois matinées y ont été consacrées. Des jeunes m’ont confié : « Il est plus facile d’être sel que lumière; Sel, c’est mettre de l’assaisonnement, c’est privilégier une attitude positive et sereine… Lumière, c’est être guide ou phare pour les autres et cela exige une certaine maturité et plus d’engagement ». La troisième catéchèse était sur le thème de la réconciliation : « Alors, si Dieu accorde son pardon à tous les pécheurs que nous sommes, pourquoi les catégories d’enfer et de paradis à la fin de nos jours » ? de demander l’un des jeunes à l’évêque après sa catéchèse. C’est donc à travers questions, partage et prière que ces catéchèses permettaient aux jeunes de se laisser éclairer par la Parole de Dieu et par les réponses des divers pasteurs présents à l’événement. Notre groupe francophone rassemblait des jeunes de Tahiti, de France, de la République Dominicaine et, bien sûr, du Québec. La communauté des frères de Taizé animait le chant des célébrations eucharistiques. 
Ces catéchèses étaient une partie très importante des JMJ; elles avaient pour but d’approfondir notre foi. Très appréciées aussi, celles du Cardinal Jean-Claude Turcotte de Montréal, par exemple, dont j’ai eu quelques échos. Notre cardinal salésien du Honduras, Mgr Oscar Rodriguez, était, lui aussi très apprécié, l’un de ces « catéchètes », 


R.T. Peux-tu nous dire quelque chose de la dimension salésienne de la JMJ?

A.L. On nous a confié dans les coulisses qu’il s’agissait peut-être de la plus belle rencontre salésienne de toutes les JMJ, ou au moins la deuxième plus belle !. Dans son mot du soir le père Domenech, conseiller général de la Congrégation pour la Pastorale-Jeunesse, affirmait avec enthousiasme que Don Bosco était véritablement présent à cette fête, tous les critères de notre action salésienne étant réunis : maison qui accueille, paroisse qui évangélise, école qui prépare à la vie, cour de récréation – chants, musique, danse - pour se rencontrer en amis. Ce 24 juillet, Don Bosco se réjouissait avec nous, tout en continuant d’exercer son charisme avec force .C’était vraiment la fête dans le grand parc, près de l’église salésienne St.Benedict. 
C’était vraiment quelque chose de nous retrouver, salésiens et salésiennes, avec des élèves, des anciens élèves et des jeunes des œuvres salésiennes d’un peu partout dans le monde :du Brésil, des USA, du Mexique, du Honduras, du Salvador, de l’Afrique, de la République Dominicaine, de l’Équateur, des Philippines, de l’Italie, de l’Espagne, et d’ailleurs encore. Et bien sûr, du Canada aussi.
Vous auriez dû entendre la chanson, Salt of the Earth, Light of the World, composée pour l’occasion par un ancien élève, très doué pour la musique, de Don Bosco Secondary School à Toronto, Vince Sgambelluri ! « Mother of the earth, Help of Christians in the world, We pray that you’ll protect every boy and girl.». Comme aussi le chant officiel du Rallye, Vivre le Rêve. ( les 2 sont sur CD).

R.T. Si tu devais retenir une image de la JMJ, ce serait quoi?

A.L. Le « Popestock » catholique!! La foule immense ! 
Jésus dans l’évangile réunissait à l’occasion de grandes foules. Des milliers de personnes se déplaçaient en Palestine pour venir l’entendre… À Toronto, comme dans d’autres occasions avec Jean-Paul II, ces jeunes de 173 pays se sont rassemblés parce qu’ils avaient faim d’entendre des paroles vraies qui nourrissent et qui rassasient, repus sans doute de trop de superficialités de notre société.

R.T. De quoi la JMJ t’a-t-elle permis de prendre davantage conscience?

A.L. Malgré ses 2000 ans, mon Église reste jeune, rayonnante, vivante, dynamisante, porteuse d’espérance Elle veut être sel et lumière.

R.T. Merci, Alain. Je vous souhaite, à toi et à tous ces jeunes qui se sont donné rendez-vous à Toronto, de toujours conserver dans votre cœur, à la manière de Marie, la mère de Jésus, le souvenir de cette rencontre : la fraternité de ces jeunes venus de partout, le message de Jean-Paul II, ce pèlerinage à la rencontre du Christ.
UN 40ième : MÉMOIRE ET VISION D’AVENIR

Notre passé, ce sont nos souvenirs; notre avenir, ce sont nos rêves. Notre présent se rapporte autant à l’un qu’à l’autre. Tout anniversaire, consciemment ou non, se situe dans cette perspective qui en définit le sens.

C’est ainsi que nous avons fêté au Salésien. Pourquoi un 40ième ? Trop impatient pour attendre encore 10 ans ? Peur de ne pouvoir marquer le 50ième ? Du tout ! Le Salésien est une jeune institution. Toutes proportions gardées, c’est comme pour un bébé; ce ne sont pas les années que l’on fête, mais les mois, et même, au début, les semaines. Jusqu’à ce que les années s’accumulent et alors, on aimerait autant peut-être ne plus en faire le compte…

« Oui, 40 ans de vie et de rayonnement, ça se fête! La communauté éducative du Séminaire Salésien est très fière de ses anciens élèves qui ont quitté les murs de cette école il y a 35, 25, 10 ou même 1 an », disait le salésien George Harkins, le coordonnateur des retrouvailles, dans une entrevue à La Nouvelle. Le même hebdomadaire, dans un article signé par Jean-François Cadieux ( un ancien !) citait quelques noms de ces ADB ( Anciens de Don Bosco) qui « rayonnent » aujourd’hui dans leur sphère d’activités respectives : entre autres, au niveau sportif, le skieur acrobatique Jean-Marc Rozon, Richard Pierre-Gilles ( équipe nationale de soccer), le nouvel entraîneur des Castors, Mario Durocher ou encore le joueur de hockey professionnel Éric Chouinard. Au plan politique, on rappelle le passage des conseillers municipaux Jean-François Rouleau et Marc Denault ( et on pourrait ajouter le sous-ministre des finances à Québec, Gilles Godbout) et dans le monde des affaires, le commerçant Daniel Chassé. Nous sommes fiers de compter parmi eux aussi les Pères Bruno Demers, o.p. , Jean-Marc Guérette, les salésiens Luc Lantagne, Christian Auger, Alain Léonard, ainsi que l’abbé Laurent Paré. Dans le monde académique, mentionnons les frères Comtois, Claude et Paul, au département de géographie de l’Université de Montréal et Gaston Stratford, personne-ressource auprès du Recteur de l’Université de Sherbrooke. Ce ne sont que quelques noms cités ici, mais comme les parents pour leurs enfants, c’est de l’ensemble de nos anciens que nous sommes fiers !

Dans l’article cité ci-dessus, le président d’honneur des fêtes du 40ième et ancien de la promotion 1971, Me Marc Pariseau, affirmait : « Dans les années 70, nous étions turbulents, mais on nous a récupérés ! En 40 ans, 3400 élèves ont terminé leurs études secondaires ici. Et il y a seulement 400 élèves que nous n’avons pas rejoints pour les retrouvailles. Au Salésien, l’élève est au centre de l’école et nous allons renouer avec ces liens familiaux lors de nos retrouvailles générales.»

En plus de la joie de revoir des confrères de classe, le sentiment le plus manifeste était probablement celui de la reconnaissance pour l’éducation reçue, une éducation reconnue comme allant au-delà de l’instruction et portée par un climat de famille. » Le bonheur qui est le mien aujourd’hui , moi et ma famille, je le dois au Salésien, » me confiait un ancien des années 70. Ou encore, « Vous ne savez pas combien d’influence vous avez ! On était peut-être difficiles des fois, mais ce que j’ai reçu ici, j’essaie de le transmettre à mes enfants aujourd’hui. Et comme ça, vous voyez, vous vous trouvez à influencer mes jeunes. C’est formidable !»

Je recevais ces jours-ci le bulletin de nouvelles de nos salésiens du Pérou. On y annonçait la visite à Lima de M. Antonio Pires, venu du Portugal, président mondial des anciens élèves salésiens et aussi président mondial des anciens élèves de toutes les écoles catholiques du monde regroupés en associations. Il affirmait : « Jusqu’à la fin de ma vie, je vais collaborer avec les salésiens pour « payer la facture » de mon éducation, et pour exprimer mon sentiment de gratitude pour tout ce que j’ai reçu d’eux. ». Don Bosco disait souvent que la gratitude est l’un des plus beaux sentiments de la jeunesse. En cette occasion du 40ième, nous en avons été témoins. À notre tour nous en remercions le Seigneur… et ces jeunes devenus des femmes et des hommes heureux .
 
 
 

 Dernière mise à jour: 2020.09.14